Savoir qui gère les concessions au cimetière permet de mieux préparer l’avenir d’une sépulture. Le partage des rôles est clair : la commune attribue et administre l’emplacement, tandis que le titulaire puis ses ayants droit détiennent les droits d’usage et assurent l’entretien. La commune décide aussi du renouvellement et de la reprise, alors que l’entretien peut s’organiser avant le décès sans rien changer à ces responsabilités.
Qui attribue et gère les concessions au cimetière ?
Seule la commune attribue une concession funéraire, c’est-à-dire un emplacement destiné à une tombe, un caveau ou des urnes. La gestion du cimetière d’une commune repose sur la mairie, sur le conseil municipal et sur le maire, chacun dans un rôle défini par la loi.
La commune reste propriétaire du terrain
Une concession de cimetière ne transfère jamais la propriété du sol : la commune reste propriétaire du terrain, et le titulaire ne reçoit qu’un droit d’usage sur l’emplacement. C’est donc la commune qui est propriétaire d’une concession de cimetière au sens du terrain, même lorsque le monument appartient à la famille.
- Le dépôt de la demande : il s’effectue auprès de la mairie dont dépend le cimetière.
- Le registre des concessions : les services municipaux le tiennent à jour pour retrouver chaque dossier.
- Le numéro sur la tombe : lorsqu’il figure sur la pierre, il aide à localiser l’emplacement et son dossier.
- Le refus possible : le maire peut refuser d’attribuer une concession, notamment faute de places.
Ce dernier point surprend souvent : le droit d’être inhumé dans une commune ne garantit pas l’obtention d’un emplacement concédé. Les règles générales sont présentées dans la fiche définition officielle de la concession funéraire.
Les décisions du conseil municipal
Le conseil municipal choisit les types de concessions funéraires proposés dans la commune ainsi que leurs durées. Chaque cimetière ne propose donc pas nécessairement toutes les catégories autorisées par la loi : renseignez-vous auprès de votre mairie avant d’arrêter un choix.
Le conseil fixe aussi le prix d’une concession, sans tarif national en euros. Ce montant payé à la commune reste distinct du coût du monument, du caveau ou d’un entretien confié à un professionnel privé.
Enfin, le conseil municipal peut déléguer l’attribution des concessions au maire. À l’inverse, une entreprise de pompes funèbres ne peut attribuer aucun emplacement, même si un contrat obsèques prévoit son acquisition future.
L’acte de concession et ses bénéficiaires
Une fois l’emplacement accordé, la commune établit l’acte de concession. Ce document identifie le titulaire initial, la destination de l’emplacement, sa durée et les bénéficiaires, selon trois formes possibles :
- Individuelle : réservée à la personne qui l’a acquise.
- Collective : réservée aux personnes nommément désignées dans l’acte.
- Familiale : destinée au fondateur et aux membres de sa famille.
Une case de columbarium destinée aux urnes constitue elle aussi une concession funéraire. La demande suit le même chemin que pour une tombe.
En pratique, l’acte sert de référence pour toutes les démarches ultérieures, de l’inhumation au renouvellement. Le guide de la réglementation des concessions d’In-memoriam-asso reprend ces règles d’attribution étape par étape.
Qui détient les droits sur la concession ?
Si la commune administre l’emplacement, les droits d’usage appartiennent au titulaire de la concession, puis à ses successeurs. Leur étendue dépend des choix faits de son vivant par le fondateur et de la forme retenue dans l’acte.

Les décisions du fondateur de son vivant
Le fondateur est la personne qui acquiert la concession ; plusieurs personnes peuvent l’acquérir ensemble et en devenir cotitulaires. De son vivant, il peut désigner ou modifier les personnes admises à y être inhumées, et en exclure certaines.
Il peut aussi, sous conditions, donner ou léguer la concession, sans jamais la vendre comme un bien ordinaire. La rétrocession d’une concession funéraire à la commune relève du titulaire initial : après son décès, ses héritiers ne peuvent pas la demander eux-mêmes.
Les droits d’inhumation selon l’acte
Dans une concession individuelle, le droit d’inhumation reste réservé à son acquéreur. Dans une concession collective, seules les personnes désignées par l’acte y ont droit : après le décès du titulaire, les ayants droit ne peuvent ajouter personne à cette liste.
La concession familiale fonctionne plus largement : chaque héritier direct dispose d’un droit à inhumation. Ce droit s’exerce dans la limite des places disponibles et des choix du fondateur.
La transmission aux héritiers
Au décès du fondateur, la concession est transmise hors succession à ses héritiers, qui en détiennent les droits en indivision. La mairie ne choisit pas seule un nouveau titulaire exclusif. Les ayants droit disposent des mêmes pouvoirs, sans pouvoir modifier la destination ou les exclusions fixées par le fondateur ; en cas de désaccord sur une inhumation, le tribunal judiciaire peut trancher.
Le renouvellement payé par un seul ayant droit profite à tous. Pensez à communiquer l’adresse des héritiers au gestionnaire du cimetière : la commune pourra ainsi les joindre le moment venu.
Qui veille à l’entretien de la sépulture ?
La gestion du cimetière par la commune ne lui transfère pas l’entretien des tombes. Cette charge suit les droits sur la concession : elle pèse sur le titulaire, puis sur ses ayants droit, qui peuvent toutefois s’appuyer sur un professionnel.
Les obligations de la famille et de la commune
Le concessionnaire veille à la propreté et au bon état de la sépulture. Après son décès, cet entretien courant incombe à ses héritiers ou ayants droit, même s’ils vivent loin du cimetière.
Cette obligation comprend la surveillance d’un éventuel affaissement du monument funéraire et le respect de l’acte comme du règlement du cimetière. Une réparation importante, comme le remplacement complet de la pierre tombale, peut nécessiter une déclaration ou une autorisation de la mairie.
De son côté, la mairie entretient les espaces communs, non les monuments privés, et le maire exerce la police du cimetière. La responsabilité de la commune peut néanmoins être engagée si une faute de ses services endommage une tombe, par exemple lors de travaux sur une sépulture voisine.
Les interventions confiées à En sa mémoire
La famille peut confier le nettoyage et le fleurissement à un professionnel comme En sa mémoire, qui intervient dans les cimetières de France métropolitaine, sans lui transférer aucun droit sur la concession. Ses passages comprennent un lavage adapté de la pierre, le désherbage manuel, le soin des ornements et un fleurissement de saison, suivis d’un bilan photographique pour un suivi à distance.
Ces interventions peuvent être ponctuelles ou régulières, à raison de 1, 2, 4 ou 12 passages par an selon la formule. La formule semestrielle couvre généralement le printemps et la Toussaint. Le fonctionnement d’un prestataire d’entretien de tombe en fiducie conditionne sa rémunération à la validation de chaque passage.
L’entretien organisé avant le décès
Le contrat In Memoriam, distinct d’un contrat obsèques, permet de prévoir le nettoyage et le fleurissement de sa future sépulture ou de celle d’un proche pendant 5 à 20 ans après le décès. Il ne renouvelle pas la concession et ne modifie pas les droits des héritiers : il organise seulement les interventions, avant que la question ne se pose pour la famille.
In-memoriam-asso indique un coût global de 1 500 à 15 000 €, selon la durée, la fréquence et les options. Le contrat d’entretien et de fleurissement de tombe détaille les formules et leur financement en fiducie.
Que deviennent les concessions à échéance ou abandonnées ?
Une concession peut prendre fin de deux manières distinctes : à l’échéance faute de renouvellement, ou par une reprise pour abandon. Dans les deux cas, la commune agit seule, mais selon une procédure encadrée qui laisse aux familles le temps de réagir.
Les durées et la conversion des concessions
Selon l’article L. 2223-14 du Code général des collectivités territoriales, la concession temporaire dure au plus 15 ans, la concession trentenaire 30 ans et la concession cinquantenaire 50 ans. La concession perpétuelle n’a pas d’échéance ordinaire. La durée d’une concession funéraire court dès l’acquisition, non dès la première inhumation. Une concession à durée limitée peut aussi être convertie en durée plus longue, par exemple de 30 à 50 ans, auprès de la mairie qui l’a accordée.
Le renouvellement auprès de la mairie
Le renouvellement d’une concession funéraire se demande à la mairie dans les 2 ans suivant l’échéance, jamais par anticipation. Le tarif appliqué est celui en vigueur à la date d’échéance.
- Les demandeurs : le fondateur vivant ou, après son décès, un héritier justifiant de sa qualité par le livret de famille ou l’acte ; à défaut d’héritier, un proche dont un membre de la famille y repose.
- L’information de la commune : depuis le 23 février 2022, elle doit prévenir le concessionnaire ou ses ayants cause par tout moyen, notamment par un panneau au pied de la tombe.
- L’issue sans renouvellement : la commune peut reprendre l’emplacement une fois le délai légal écoulé.
Cette reprise n’intervient donc jamais le jour même de l’échéance : les restes ne sont pas déplacés automatiquement à cette date.
La reprise d’une concession abandonnée
Reprendre une concession funéraire pour abandon reste possible, même perpétuelle, à trois conditions : une concession de plus de 30 ans, une dernière inhumation remontant à au moins 10 ans et un abandon constaté. Si une personne morte pour la France y repose, au moins 50 ans doivent s’être écoulés depuis son inhumation. Un monument délabré, un affaissement ou une végétation envahissante caractérisent l’état d’abandon, contrairement à la seule absence de visites.
Le maire ou son délégué constate cet abandon sur place par procès-verbal, avec information de la famille et affichage à la mairie et au cimetière. Si l’abandon persiste 1 an après cette publicité, le conseil municipal peut décider la reprise, que le maire prononce par arrêté ; les restes sont alors réinhumés à l’ossuaire communal ou font l’objet d’une crémation.

Anticipez l’entretien de votre sépulture
La commune gère la concession, mais l’entretien de la tombe revient à vos proches. Organisez-le dès maintenant avec un contrat de 5 à 20 ans : les interventions sont confiées à En sa mémoire.
Foire aux questions
Comment la famille est-elle prévenue d’un constat d’abandon de la concession ?
Les descendants connus sont prévenus un mois avant le premier constat par lettre recommandée avec accusé de réception ; à défaut, un avis est affiché à la mairie et à la porte du cimetière. Dans les huit jours suivants, ils reçoivent le procès-verbal et une mise en demeure de remettre la concession en état. Si l’abandon persiste un an plus tard, un nouveau procès-verbal leur est notifié.
Comment prouver que la sépulture est entretenue en cas de contestation ?
Des factures, des photographies datées et des rapports d’intervention peuvent documenter l’entretien. Le bilan photographique qu’En sa mémoire établit après chaque passage constitue ainsi une trace utile face à un constat fondé sur un aspect délabré ou une végétation envahissante.
Que devient le contrat d’entretien si En sa mémoire ne peut plus intervenir ?
In-memoriam-asso indique qu’un autre professionnel local est alors désigné pour poursuivre l’entretien de la sépulture.