La réglementation des concessions au cimetière encadre chaque étape : l’attribution par la mairie, la durée et le tarif fixés par la commune, les droits des bénéficiaires et des héritiers, puis la reprise éventuelle. L’entretien anticipé de la sépulture compte aussi parmi les démarches à prévoir.
Qui peut obtenir une concession au cimetière ?
La réglementation funéraire distingue deux notions : le droit d’être inhumé dans la commune et le droit d’y disposer d’un emplacement réservé. Le premier découle de la loi. Le second dépend d’une décision municipale, car seule la commune peut octroyer des concessions funéraires.

Le droit à sépulture dans la commune
Le cimetière communal doit accueillir plusieurs catégories de personnes, sans que leur lieu de décès et leur lieu de résidence aient à coïncider :
- Personnes décédées sur place : la sépulture leur est due, quel que soit leur domicile.
- Habitants de la commune : ils y ont droit même s’ils sont décédés ailleurs.
- Familles et Français de l’étranger : une personne non domiciliée peut bénéficier d’une sépulture familiale, et certains Français établis hors de France disposent de ce droit s’ils remplissent les conditions d’inscription sur les listes électorales communales.
Ce droit reste toutefois limité : il ne garantit ni une concession particulière, ni la durée, ni la superficie que vous souhaitez.
La demande et la décision d’attribution
La demande se dépose à la mairie dont dépend le cimetière. Le conseil municipal fixe les catégories proposées et peut déléguer l’attribution au maire, qui peut refuser la demande si les places manquent. Une personne sans droit à sépulture peut néanmoins déposer un dossier, sans garantie d’acceptation. À l’inverse, une entreprise de pompes funèbres ne peut pas accorder de concession, même si un contrat obsèques prévoit son acquisition future.
Le terrain concédé et le terrain commun
Une fois l’attribution accordée, la famille obtient un droit d’usage et non la propriété du sol. Trois règles en découlent :
- La propriété communale : la commune reste propriétaire, et l’acte fixe notamment la durée et les bénéficiaires.
- Un équilibre imposé : le cimetière doit conserver des emplacements non concédés.
- L’absence d’acte : sans acte retrouvé, une tombe relève du terrain commun et ne doit pas être présumée perpétuelle.
Cette distinction a des effets concrets. Selon une réponse ministérielle, une sépulture en terrain commun peut être reprise après un délai de rotation de 5 ans, sans les formalités applicables à une concession abandonnée.
Le terrain concédé offre donc une stabilité que le terrain commun n’assure pas, d’où l’intérêt de connaître les informations utiles à l’acquisition d’une concession avant de vous engager.
Durée, tarif et prolongation d’une concession
Une fois l’emplacement attribué, deux paramètres déterminent la solidité de votre droit : sa durée et le prix payé à la commune. Leur échéance ouvre ensuite la question du renouvellement, que la loi encadre précisément.
Quelles durées la commune peut-elle proposer ?
L’article L2223-14 du Code général des collectivités territoriales autorise quatre catégories, que la commune n’est pas tenue de proposer toutes. Selon Service-Public, la durée court à partir de la date d’acquisition.
Une concession perpétuelle n’a pas d’échéance ordinaire, sans échapper pour autant à la reprise pour abandon. Les concessions centenaires ne peuvent plus être créées, même si des dispositions réglementaires concernent encore les anciennes.
| Catégorie | Durée | Échéance |
| Temporaire | 15 ans au plus | Renouvelable |
| Trentenaire | 30 ans | Renouvelable |
| Cinquantenaire | 50 ans | Renouvelable |
| Perpétuelle | Sans limite | Aucune échéance ordinaire |
| Centenaire | 100 ans | Plus créée, anciennes concessions seulement |
Comment le tarif est-il fixé ?
Selon l’article L2223-15, le conseil municipal fixe le capital à verser : il n’existe aucun tarif national en euros. L’article R2223-11 prévoit des tarifs différenciés par catégorie, éventuellement progressifs au-delà de 2 m².
Le montant applicable figure dans la délibération communale en vigueur à la date d’acquisition. Demandez-la à la mairie, car le prix d’un monument, d’un caveau ou d’une prestation privée d’entretien reste distinct de ce tarif.
Renouveler ou convertir sa concession
Les concessions temporaires, trentenaires et cinquantenaires se renouvellent au tarif en vigueur à leur échéance. Le titulaire ou ses ayants cause disposent de 2 ans après l’expiration pour exercer ce droit, et la reprise pour non-renouvellement n’intervient qu’une fois ce délai révolu. Depuis le 23 février 2022, la commune doit les informer par tout moyen de ce droit, que les héritiers peuvent exercer avec les justificatifs nécessaires.
Selon Service-Public, le renouvellement anticipé n’est pas possible. L’article L2223-16 permet en revanche de convertir la concession en durée plus longue, en déduisant la valeur de la période restant à courir, selon des règles complétées par les articles réglementaires relatifs aux concessions.
Qui peut utiliser et hériter d’une concession ?
Le prix et la durée réglés, reste à savoir qui repose dans la concession et ce que la famille peut y construire. L’acte signé en mairie répond à ces deux questions, et continue de s’imposer après le décès du titulaire.
Les personnes admises à l’inhumation
Une concession individuelle est réservée à son titulaire : le seul lien de parenté ne donne pas droit à une place.
La concession collective accueille les personnes nommément désignées dans l’acte. Dès lors, un parent absent de cette liste n’est pas admis d’office.
La concession familiale, enfin, reçoit le titulaire et, sauf restriction de sa part, les membres de sa famille. Vérifiez l’acte pour connaître précisément les défunts qui peuvent y être inhumés.
Les droits sur la tombe et le monument
Sur le terrain concédé, les bénéficiaires peuvent construire une tombe, des caveaux ou un monument. Selon l’emplacement, une urne peut aussi y trouver place.
Ces travaux restent encadrés : le maire peut fixer des dimensions maximales pour les monuments, sans norme nationale unique, et le règlement du cimetière précise les règles de travaux et de plantations. Au titre de la police des funérailles, le maire veille aussi à l’ordre, à la décence et au bon déroulement des inhumations et exhumations.
La transmission après le décès du titulaire
Au décès du fondateur, la concession passe aux héritiers en indivision : ils exercent des droits communs, sans pouvoir modifier les règles d’inhumation fixées dans l’acte.
Elle reste par ailleurs hors commerce et ne se vend pas comme une parcelle privée, même si certaines transmissions familiales sont possibles sous conditions. Les héritiers reçoivent aussi l’entretien de la sépulture, qu’un contrat d’entretien et de fleurissement de tombe peut confier à un professionnel comme En sa mémoire.
Quand la commune peut-elle reprendre une concession ?
Outre le non-renouvellement évoqué plus haut, la commune dispose d’une seconde voie : la reprise pour abandon. Cette procédure repose sur des conditions strictes et des formalités longues, qui laissent à la famille plusieurs occasions d’agir.
Les conditions de la reprise pour abandon
Trois conditions cumulatives de la reprise doivent être réunies avant toute démarche :
- L’ancienneté : la concession existe depuis au moins 30 ans.
- La dernière inhumation : elle remonte à au moins 10 ans.
- L’état matériel : un état d’abandon est constaté sur place.
Certaines sépultures bénéficient d’une protection. Une concession centenaire ou perpétuelle accueillant une personne « Mort pour la France » ne peut être reprise avant 50 ans après cette inhumation, sauf cas de l’échéance d’une centenaire. Selon l’article R2223-23, elle échappe aussi à la reprise si la commune doit l’entretenir en vertu d’une donation ou d’un testament régulièrement accepté.
Le premier constat d’abandon
Selon l’article R2223-13, le maire ou son délégué se rend sur place avec un fonctionnaire de police délégué ou, à défaut, un garde champêtre ou un policier municipal. Les descendants connus sont prévenus 1 mois avant par lettre recommandée avec accusé de réception ; sinon, un avis est affiché à la mairie et à la porte du cimetière.
Le procès-verbal décrit ensuite l’emplacement, l’état de la concession et, si possible, son acte et les personnes concernées. Le refus d’un ayant droit de le signer y est mentionné, sans bloquer le constat d’abandon.
Les formalités avant la réattribution
Dans les 8 jours, les ayants droit connus reçoivent le procès-verbal et une mise en demeure de remettre la concession en état. Des extraits sont affichés pendant 1 mois à la mairie et au cimetière, avec 2 renouvellements espacés de 15 jours.
Si l’abandon persiste après 1 an, un nouveau procès-verbal est notifié. Un mois plus tard, le maire peut saisir le conseil municipal, dont l’accord permet de prendre un arrêté de reprise.
L’arrêté devient exécutoire après publication et notification. Trente jours après, la commune peut retirer les matériaux restants et fait exhumer les restes vers l’ossuaire perpétuel ou, dans les conditions légales, vers la crémation, avant toute réattribution. Un entretien documenté peut prévenir ce scénario, comme l’expose le guide des obligations d’entretien d’une sépulture.
Qui entretient la sépulture et comment l’anticiper ?
La reprise pour abandon repose sur l’état visible de la tombe. L’entretien devient donc une protection essentielle de la concession, qu’il soit assuré par la famille ou par un professionnel comme En sa mémoire.
La responsabilité du titulaire et des héritiers
Le titulaire veille à la propreté de sa sépulture et au bon état du monument. Après son décès, cette charge revient à ses ayants droit, même éloignés du cimetière. Le partage des rôles se présente ainsi :
- La mairie : elle entretient les espaces communs, jamais les monuments privés.
- Les signes d’abandon : un aspect délabré ou une végétation envahissante peuvent y contribuer.
- Les visites : leur seule absence ne suffit pas à caractériser un abandon.
- La fréquence : aucun rythme national de nettoyage ni aucun contrat de prestataire ne sont imposés.
En cas de contestation, la preuve compte. Des factures, des photographies datées et des rapports d’intervention peuvent documenter l’entretien face à un constat.
Les interventions confiées à En sa mémoire
En sa mémoire intervient dans les cimetières de France métropolitaine : lavage adapté de la pierre, désherbage manuel, soin des ornements et fleurissement. Ses formules prévoient 1, 2, 4 ou 12 passages par an, la semestrielle couvrant en général le printemps et la Toussaint.
Après chaque passage, un bilan photographique géolocalisé et horodaté vous permet de suivre l’état de la sépulture à distance. Ces documents constituent aussi la trace des passages effectués.
Le contrat d’entretien anticipé d’In Memoriam
Le contrat In Memoriam organise l’entretien et le fleurissement de votre future sépulture ou de celle d’un proche, sur 5 à 20 ans, avec En sa mémoire sur le terrain. Son coût global va de 1 500 à 15 000 € selon la durée, la fréquence et les options. Un versement unique le finance, sans lien avec le prix de la concession.
Ce que le dispositif garantit concrètement : les fonds sont placés en fiducie et versés au fil des interventions validées. Si En sa mémoire ne peut plus intervenir, un autre professionnel local prend le relais, selon la présentation du prestataire d’entretien en fiducie.

Anticipez l’entretien de votre concession
Un contrat de 5 à 20 ans, fonds en fiducie, sans droits de succession : En sa mémoire entretient votre sépulture, et vos héritiers n’ont aucune démarche à faire.
Foire aux questions
Quelle est la durée légale d’une concession funéraire ?
Il n’existe pas de durée unique. Pour la concession temporaire, le plafond légal est de 15 ans, et l’article L2223-14 ne fixe aucune durée minimale nationale pour cette catégorie.
Quelles sont les règles à respecter pour renouveler une concession funéraire ?
Le silence de la famille ne renouvelle rien, et le nettoyage de la tombe non plus. La commune doit toutefois attendre 2 ans après l’échéance avant une reprise. Préparez l’acte, une pièce d’identité, les justificatifs du lien familial, les coordonnées des ayants droit et les dernières inhumations. Sans héritier, une personne ayant intérêt à agir peut, sous conditions, faire la demande, selon Service-Public.
Quels frais une reprise pour abandon peut-elle entraîner pour les héritiers ?
La commune peut réclamer solidairement aux héritiers les frais engagés lors de la reprise. Pour la remise en état, le nettoyage, les réparations et une éventuelle exhumation, ces frais se situent généralement entre 2 500 et 5 000 €.