Une déduction possible pour les frais funéraires dans une succession obéit à des règles fiscales précises, souvent méconnues au moment du règlement. Voici le plafond applicable, les dépenses admises, les justificatifs à remettre au notaire et les solutions permettant à la famille du défunt de régler les frais d’obsèques.
Déduire les frais funéraires d’une succession
L’article 775 du code général des impôts autorise la déduction forfaitaire des frais d’obsèques du passif successoral, dans la limite de 1 500 euros. Cette déduction diminue l’actif net taxable avant le partage entre les héritiers et peut ainsi réduire les droits de succession lorsqu’ils sont dus. La règle fiscale applicable figure dans notre page consacrée au financement des obsèques par la succession.

Le plafond des frais d’obsèques déductibles
Le plafond légal est fixé à 1 500 euros, quelle que soit la facture réelle des funérailles. Si l’actif successoral est inférieur à ce montant, la déduction se limite à l’actif disponible. La part des dépenses qui dépasse 1 500 euros reste dans l’assiette taxable et peut augmenter les droits dus par les héritiers.
Le coût réel des obsèques excède souvent ce plafond. Une anticipation financière peut donc éviter que la succession supporte seule les montants non couverts. Les conséquences fiscales sont détaillées dans cet article sur les droits de succession et les funérailles.
- Plafond légal : 1 500 euros au maximum sont déductibles du passif successoral, conformément à l’article 775 du code général des impôts, pour toute succession ouverte depuis le 1er janvier 2003.
- Actif insuffisant : lorsque l’actif successoral est inférieur à 1 500 euros, la déduction porte sur la totalité de l’actif disponible, sans dépasser son montant réel.
- Excédent non déductible : la fraction des frais funéraires supérieure à 1 500 euros reste à la charge de la succession, sans réduction fiscale.
Les frais funéraires sont déduits avant le partage de l’actif net taxable entre les héritiers, dès l’ouverture du dossier, dans la limite prévue par la loi. Le texte de référence est disponible sur la déduction des frais funéraires dans le passif successoral.
| Situation | Montant déductible | Effet fiscal |
| Actif successoral ≥ 1 500 € | 1 500 € forfaitaires | Réduction de l’assiette taxable à hauteur de 1 500 € |
| Actif successoral < 1 500 € | Totalité de l’actif disponible | Déduction limitée au montant de l’actif réel |
| Frais réels supérieurs au plafond | 1 500 € maximum | L’excédent entre dans l’assiette des droits de succession |
Les dépenses admises et les dépenses exclues
Il faut distinguer les frais directement liés aux obsèques de ceux qui correspondent à un aménagement ultérieur. Les premiers peuvent être admis au passif; les seconds restent exclus de la déduction. Le cadre applicable est également présenté dans cet article sur la déduction des frais funéraires en succession.
- Transport du défunt : le transfert du corps, avant ou après la mise en bière, constitue une dépense funéraire admise.
- Cérémonie et inhumation : le cercueil, la crémation ou l’inhumation, les frais de cérémonie, la taxe de convoi et les formalités administratives obligatoires liées au décès sont admis.
- Monument funéraire et stèle : la construction d’un monument, l’acquisition ou la pose d’une stèle ne sont pas déductibles, même avec un justificatif.
- Fleurs et entretien : les fleurs, les couronnes, les vêtements de deuil et l’entretien ultérieur de la sépulture restent à la charge de la succession.
Le nettoyage, le désherbage et le fleurissement de la tombe après les obsèques ne sont donc pas déductibles du passif successoral. Le contrat In Memoriam répond précisément à ce besoin : En sa mémoire intervient régulièrement dans les cimetières pour l’entretien et le fleurissement des sépultures, tandis que les fonds sont sécurisés en fiducie bancaire auprès d’AXA Banque. Ce dispositif repose sur un contrat tripartite entre En sa mémoire, GVD Avocat, fiduciaire titulaire du compte AXA Banque, et l’Association In Memoriam, tiers de confiance.
Les justificatifs à transmettre au notaire
La déduction des frais d’obsèques repose sur des documents précis, examinés par le notaire avant la clôture du dossier. Sans justificatif suffisant, l’administration fiscale peut contester la déduction. Chaque pièce doit identifier la prestation et son montant.
- Facture détaillée des pompes funèbres : elle doit présenter séparément le transport, le cercueil, la cérémonie, l’inhumation ou la crémation.
- Distinction des prestations admises : le monument et les fleurs doivent apparaître à part afin de ne pas être confondus avec les dépenses déductibles.
- Factures des prestataires annexes : chaque intervenant remet une facture distincte précisant la nature de sa prestation.
- Conservation des justificatifs : les documents doivent être conservés pendant trois ans en cas de demande de l’administration fiscale, notamment lorsqu’une déduction complémentaire est sollicitée sur le revenu imposable.
En pratique, le notaire inscrit ces dépenses au passif successoral avant la répartition de l’actif net entre les héritiers. Une facture incomplète ou globale peut conduire à un refus de déduction. Demander une facture détaillée aux pompes funèbres dès le premier contact limite ce risque.
Le paiement des obsèques après un décès
Avant le règlement complet de la succession, la banque du défunt peut verser jusqu’à 5 000 euros directement aux pompes funèbres, sur présentation de l’acte de décès et de la facture, conformément à l’article L312-1-4 du Code monétaire et financier. Un montant complémentaire pouvant atteindre 5 965 euros peut être mobilisé lorsque les frais dépassent ce premier seuil, sous réserve de justificatifs appropriés.
Lorsque les sommes nécessaires excèdent 5 000 euros, le notaire organise le règlement prioritaire sur l’actif successoral. L’obligation alimentaire demeure applicable en cas de renonciation à la succession : les descendants et le conjoint survivant peuvent devoir contribuer aux frais selon leurs capacités, indépendamment de leur part successorale.
Pour régler les frais d’obsèques sans attendre le partage, un contrat obsèques avec bénéficiaire désigné permet une autre organisation. Les fonds sont alors débloqués en environ 48 heures, hors succession et sans droits à acquitter. Cette solution ne doit pas être confondue avec le contrat In Memoriam, qui garantit l’entretien de sépultures après le décès du souscripteur, pour lui-même ou pour des proches, sans que la succession ni les héritiers puissent compromettre l’exécution de ses volontés.
Foire aux questions
Quel est le montant limite des frais d’obsèques déductibles d’une succession ?
L’article 775 du CGI fixe à 1 500 euros la limite de déduction des frais d’obsèques sur le passif successoral. Ce forfait s’applique quelle que soit la facture réelle des funérailles : lorsque le coût des obsèques dépasse ce montant, seuls 1 500 euros peuvent réduire l’assiette taxable. Si l’actif successoral est inférieur à ce seuil, la déduction des frais est limitée au montant total de cet actif. La part restante demeure dans la base de calcul des droits de succession.
Puis-je déduire les frais d’obsèques d’un parent de mon revenu imposable ?
Cette possibilité existe seulement si aucun actif successoral ne permet de les régler. Le défunt doit être une personne envers laquelle s’applique une obligation alimentaire légale, comme un père, une mère ou un beau-parent.
Les frais sont alors déclarés comme une pension alimentaire versée à un ascendant, avec le justificatif correspondant. La même dépense ne peut pas être déduite de la succession et du revenu imposable : ces deux mécanismes s’excluent mutuellement.
L’assurance obsèques est-elle déductible de la succession ?
Un contrat obsèques avec bénéficiaire désigné reste hors succession, conformément à l’article L. 132-12 du Code des assurances. Le capital est versé directement aux pompes funèbres, sans intégrer l’actif successoral ni être soumis aux droits de succession. L’assurance obsèques n’est donc pas une dette déductible de la succession : elle finance les funérailles séparément du règlement successoral.
En complément, le contrat In Memoriam associe En sa mémoire, prestataire terrain pour l’entretien et le fleurissement des sépultures, GVD Avocat, fiduciaire auprès d’AXA Banque, et l’Association In Memoriam, tiers de confiance. Il garantit, après le décès du souscripteur, l’exécution de ses volontés d’entretien de la sépulture, pour lui-même ou pour des proches, sans que la succession ou les héritiers puissent la compromettre. À ce jour, il constitue la seule garantie de cette nature : ni l’assurance obsèques ni la déduction fiscale ne couvrent l’entretien durable de la tombe.